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Comment savoir si aujourd’hui l’école fait plus de bien que de mal ?

Spécialiste des neurosciences, Idriss Aberkane nous parle de notre cerveau, de son fonctionnement et de tout ce que nous devrions apprendre à son sujet. Ne pas laisser à d’autres le pouvoir de connaître notre cerveau mieux que nous même et de nous manipuler, tel est le message de l’auteur.

Il existe des prodiges capables de calculer la racine soixantetreizième d’un nombre à cinq cents chiffres en moins de trois minutes. Ils ont pourtant le même cerveau que nous. Alors, comment font-ils, ceux qui pensent plus vite, qui se concentrent plus longtemps ou bien développent une mémoire phénoménale ? Ils utilisent leur cerveau de façon différente et harmonieuse, selon des principes « neuroergonomiques » : ainsi, de même que l’on pose des poignées sur des valises trop lourdes pour les soulever sans peine, on peut donner des poignées à nos objets mentaux pour les manipuler plus facilement.
Dans cet ouvrage à la portée de tous, foisonnant d’exemples, Idriss Aberkane nous entraîne à la découverte de notre matière grise, nous révélant ses capacités et ses limites, ses points aveugles et ses ressorts inattendus. Pour penser mieux, éduquer mieux, vivre mieux, pas besoin d’être un génie, il suffit d’utiliser les formidables ressources que la nature a mises sous notre crâne.

Libérez Votre Cerveau ! Véritable Manifeste De Neurosagesse pour changer L’école d’Idriss Aberkane (Ed Robert Laffont)

Extraits :

« (…) Comment savoir si aujourd’hui l’école fait plus de bien que de mal ? Ce sont des gens fièrement scolarisés, persuadés de leur valeur individuelle, qui ont commis sans broncher les plus faramineuses atrocités sur terre, preuve que l’excellence scolaire échoue à sélectionner la bonté et l’humanité… Dans la vraie vie, l’humanité crée une diversité de pensées, de pratiques, de méthodes, d’esprit. Dans la vie notée, l’école dit : « Hors de ma mesure point de salut » Pourtant face à l’échec scolaire, cette même école admet que la priorité, c’est au moins la socialisation de l’élève. Comment alors l’encourager si on ne lui apprend à travailler qu’individuellement ? Je suis convaincu que la socialisation, à l’école, se produit par accident, et dans la cour de récréation, pas en classe. Je me demande même quel serait le score de socialisation de l’école par rapport à une cour de récréation permanente. (…) Notre société est une sorte de machine. Alors, pour y avoir une place il faut être une pièce conforme, et d’une certaine qualité. C’est précisément ce que fait de nous l’école. D’une masse d’enfants ouverts, créatifs, spontanément fraternels et non conformes, elle fait des pièces séparées. Vous avez étudié à Polytechnique ? Votre salaire sera supérieur à celui d’un ancien élève de l’université de Tours, parce que dans l’usine, la pièce sortie de Polytechnique est plus chère. »

Pour ou contre l’école à partir de 2 ans ?

 

Le ministère de l’Education nationale souhaite promouvoir dès la rentrée prochaine la scolarisation des enfants de moins de 3 ans. Le but : Favoriser l’égalité entre élèves, réduire les écarts de réussite scolaire, aider les enfants en difficulté d’apprentissage.

Louable objectif bien sûr mais auquel on n’alloue pas, encore une fois, les moyens adaptés. Car une meilleure prise en charge des enfants à la maternelle ne passe sans doute pas par leur âge d’accueil mais par la qualité du temps qu’ils y passent avec moins d’effectifs par classe, des horaires plus flexibles qui s’adaptent à chacun.

Deux témoignages pour se faire une idée…

POUR : Isabelle Racoffier présidente de l’AGEEM (Association Générale des Enseignants des Ecoles et classes Maternelles publiques) : « L’école maternelle nous semble être le lieu qui permet à l’enfant de découvrir un autre milieu, notamment pour les familles les plus fragiles ou celles qui ne parlent pas français par exemple. Tout d’abord, c’est un espace structurant: certains enfants n’ont pas de structure à la maison. L’école leur permet d’apprendre des règles de vie commune, le respect de l’autre, mais aussi les limites de l’autre aussi. Ensuite, l’école maternelle permet une transition entre les deux espaces familial et public. »

CONTRE : France Mousseau, enseignante en Maternelle : « Chez l’enfant, 2 ans, 2 ans et demi est un âge difficile. C’est l’âge du  » non » et du  » moi tout seul ». C’est l’âge des envies contradictoires : on veut devenir grand mais on veut aussi parfois rester petit pour être protégé, sécurisé. L’école actuelle avec ses conditions d’accueil offre-t-elle un milieu adapté aux besoins de ces enfants tout petits ?

La sieste est un moment important pour les petits

La sieste est un moment important pour les petits

L’enfant de 2 ans se heurte soudain à des interdits , à des règles de vie collective contraignantes , à un rythme scolaire fatigant , alors qu’il a besoin d’un suivi personnel, d’une relation affective très forte à deux et non d’une classe dont la masse peut être inquiétante. Il est noyé parmi une trentaine d’élèves avec deux adultes seulement, la maîtresse et l’atsem.
On avance l’intérêt de la scolarisation précoce pour le développement du langage dans les milieux défavorisés . Mais les enfants des milieux défavorisés ont besoin comme les autres de protection et d’affection . Si les échanges affectifs avec leurs parents leur manque à cet âge, ils risquent de leur manquer toute leur vie car on ne peut pas faire l’impasse de cette étape importante nécessaire au développement de l’enfant et à la structuration de sa personnalité et de sa pensée. On ne peut pas » rattraper » cela par la suite. Alors que le langage est un apprentissage que l’on peut rattraper à tous les niveaux de la scolarité. Nous vivons dans une société qui ne vise que les performances. Nos enfants sont dans les starting blocks.
Il faut laisser aux enfants le bonheur de prendre le temps de grandir au rythme qui leur convient. »

Conclusion : Le mieux, encore une fois, est sans doute de ne se fier qu’à son instinct de parents, de son envie, de son aspiration à construire une famille, à construire une relation avec son enfant sans se fier aux directives des Ministères de l’Education qui se succèdent !

Pour en savoir plus :  L’inscription à l’école maternelle

Réforme du collège : Qu’en disent les associations de parents d’élèves (censées vous représenter) ?

 

APEL, FCPE, PEEP à l’unisson, de qui se moque-t-on ?

 La réforme du collège fait couler beaucoup d’encre et a provoqué ces derniers jours une levée de boucliers de nombreux philosophes, professeurs, écrivains, parents d’élèves, anciens recteurs etc…. Les débats sont vifs et les émissions TV de ces derniers jours témoignent de la diversité des opinions sur les grands sujets que sont :

-       L’abandon/restriction du latin-grec

-       La suppression des classes bilangues et des sections européennes

-       Le programme d’histoire

-       Les classes interdisciplinaires

-       La LV2 en 5ème

Du côté des enseignants, la réforme est loin de faire l’unanimité et plusieurs points sont critiqués :

Communiqué de l’Association des professeurs d’Histoire-Géographie

La Conférence des associations de professeurs spécialistes a pris connaissance du projet de réforme du collège et constate : 

• que ce projet abandonne aux arbitrages locaux l’organisation de 20 % du volume horaire des enseignants.

• qu’il se solde par la perte d’heures d’enseignement disciplinaire.

• qu’il prévoit la globalisation des enseignements.

• que les langues anciennes cessent d’être enseignées pour elles-mêmes : elles seront désormais intégrées à l’enseignement du français (sous la forme d’« éléments culturels et linguistiques ») et au thème intitulé « langues et cultures de l’Antiquité » dans le cadre des enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI).

• que les sections européennes et les classes bi-langues sont vouées à disparaître.

La Conférence désapprouve la précipitation qui préside à la mise en œuvre de cette réforme. Au fur et à mesure que les gouvernements se succèdent, les réformes s’empilent. Plutôt que de déclarer à l’emporte-pièce que le collège suscite « l’ennui, voire la perte du goût pour le travail et l’effort », le ministère se devrait d’établir un bilan objectif et précis des réformes antérieures et de tirer les leçons du présent et du passé.

Réforme du collège

Lorsque les avis divergent et s’affrontent… la seule entité à parler d’une seule voix est celle des fédérations de parents d’élèves !

La FCPE est, sans surprise, favorable à la réforme du collège comme à toute réforme de ce gouvernement (rythmes scolaires, ABCD de l’égalité…). La FCPE utilise même les « éléments de langage » de la Ministre de l’éducation :

FCPE : « Madame la ministre, la réforme du collège a été approuvée à une large majorité (51 pour, 25 contre, une abstention) par la communauté éducative qui siège au Conseil supérieur de l’éducation (CSE). Nous savons votre attachement à continuer de porter la refondation de l’Ecole et nous souhaitons, par la présente lettre, réaffirmer au-delà du vote en CSE, notre soutien à votre projet et vous faire part de notre détermination à continuer de faire progresser le collège. »

Lors du vote consultatif du conseil supérieur de l’éducation, la PEEP, elle, s’est abstenue. Elle n’est donc ni pour ni contre la réforme. Si ces représentants des parents d’élèves ne savaient pas quoi voter, pourquoi n’ont-ils pas interrogé leurs adhérents (200 000  parents dont il se serait sans doute dégagé une majorité si tant est qu’on leur ait demandé leur avis)

« La PEEP n’est pas convaincue par cette réforme qui semble uniformiser encore plus l’enseignement au collège que le personnaliser. »

Quant à l’APEL qui représente les parents d’élèves de l’enseignement privé catholique, elle soutient la Ministre à 100% !

En résumé, les trois fédérations de parents d’élèves plébiscitent une réforme du collège ardemment critiquée depuis son annonce ! Ce qui revient à dire que tous les parents d’élèves (du public et du privé) sont favorables aux changements annoncés.

Par quel miracle les associations représentatives des parents d’élèves sont-elles les seules à n’émettre ni doute ni critique sur un projet tant décrié ?

 Ce résultat stupéfiant ne démontre-t-il pas que les parents d’élèves ne sont pas ni écoutés ni relayés par les trois instances censées les représenter.

Parents, si vous n’êtes pas un soutien inconditionnel à tous les points de cette réforme, faites le savoir.

Ecrivez à la fédération dont vous êtes adhérent et demandez-lui des comptes. Faites entendre votre avis, quel qu’il soit. Et exigez de vos représentants… qu’ils VOUS représentent ! C’est leur mission.

N’oubliez pas : nous avons l’école que nous méritons !

 

 

Ces « pseudo intellectuels » dont parle la Ministre de l’Education nationale…

Plusieurs voix comme l’ancien ministre Jack Lang, ainsi que celles de plusieurs intellectuels – Régis Debray, Luc Ferry, Michel Onfray, Pascal Bruckner… – se sont ouvertement élevées contre la réforme du collège et celle des programme annoncés par Najat Vallaud Belkacem. Extraits :

Au sujet du programme d’Histoire

Pascal Bruckner, philosophe : « … Sans chronologie, l’histoire n’a pas de sens. Cette réforme risque donc d’égarer encore un peu plus les élèves. On peut également s’étonner du choix de privilégier l’enseignement de l’islam par rapport à celui des Lumières ou du christianisme médiéval. A mon sens il ne s’agit pas d’un choix arbitraire, mais idéologique. Il y a sans doute ici une volonté d’ouverture à l’égard de l’islam, un souci de plaire aux nouveaux arrivants en supprimant tout ce qui peut les heurter: l’enseignement d’un autre monothéisme et l’exercice d’un esprit critique. Mais comment comprendre la France sans connaître le «manteau de cathédrale qui la recouvre»? Comment comprendre qui nous sommes si l’on ne sait pas d’où l’on vient? C’est-à-dire d’un pays de culture profondément catholique et républicaine. Quant aux Lumières, elles sont au fondement même de la culture laïque contemporaine. Que l’on soit de gauche ou de droite, croyant ou pas, c’est durant cette période que se noue la modernité. Faire l’impasse sur celle-ci me paraît aberrant. Il est vrai que dans certains quartiers, il est désormais impossible d’enseigner la Shoah en raison du conflit israélo-palestinien ou encore Madame Bovary qui soulève la question de l’adultère. La réforme tend à cajoler les éléments les plus rétifs du système éducatif au lieu de les assimiler. Ce n’est pas forcément un bon signe à envoyer aux Français musulmans les plus éclairés qui voudraient prendre leur distance avec leur propre religion et s’ouvrir au reste de notre culture. Pour nourrir une réflexion plus profonde sur les croyances, il me paraît urgent de rendre obligatoire la lecture du traité sur la tolérance de Voltaire. »

imagesAu sujet de la réduction/supppression du latin-grec

Jean d’Ormesson, académicien : « Mettre en vigueur le projet de réforme de Mme Najat Vallaud-Belkacem, ce serait menacer toute la partie peut-être la plus brillante de notre littérature. Montaigne et Rabelais deviendraient vite illisibles. Corneille, Racine, La Fontaine, Bossuet changeraient aussitôt de statut et seraient difficiles à comprendre. Ronsard, Du Bellay, Chateaubriand, Giroudouxou Anouilh – sans même parler de James Joyce – tomberaient dans une trappe si nous n’apprenions plus dès l’enfance les aventures d’Ulysse aux mille ruses, si nous ignorions, par malheur, qu’Andromaque est la femme d’Hector, l’adversaire malheureux d’Achille dans la guerre de Troie,si nous nous écartions de cette Rome et de cette Grèce à qui, vous le savez bien, nous devons presque tout. »

Au sujet de l’enseignement des langues

Jean-Paul Brighelli, enseignant, écrivain : « Sous prétexte d’égalitarisme – qui n’est pas l’égalité -, on a décidé de commencer la seconde langue en cinquième, en consacrant à cet apprentissage la totalité des postes prévus au budget (et sous réserve que l’on trouve dès 2016, malgré la raréfaction des candidats, assez de professeurs linguistes pour l’enseigner). Les moyens humains et économiques manquant, il ne sera pas question de dédoubler les classes, condition nécessaire pour un apprentissage linguistique (par exemple en labos de langues) un peu cohérent. De la langue ibérique les élèves connaîtront sans doute, en fin d’année, Un, dos, tres – l’espagnol revu et corrigé par M6 et W9.
Le but unique de cette réforme est de mettre en extinction les parcours supposés « élitistes », classes européennes ou classes bilingues. De surcroît, cet apprentissage se faisant à moyens constants, il ne pourra se mettre en place, annonce le ministère, qu’en défalquant une heure aux emplois du temps de la « première langue » en quatrième et en troisième. Inutile de dire que ce n’est pas ainsi que l’on forme des élèves trilingues.
Faut-il rappeler que l’urgence n’est pas d’apprendre précocement l’espagnol ou l’allemand ? C’est de savoir parler et écrire le français. La nouvelle définition du « socle de compétences », toujours plus bas, ne facilitera pas cet apprentissage primordial – y compris dans la perspective de l’enseignement de langues étrangères. »

Au sujet de l’interdiscilplinarité

Patrick Hetzel, professeur des universités, ancien recteur : Cette réforme est une véritable catastrophe, car elle conduit à un nivellement par le bas. Au lieu d’avoir de l’ambition pour nos enfants, pour les enseignants et pour le pays, elle casse ce qui marche, notamment les classes bilangues et les sections européennes – sous prétexte d’élitisme. Comme si l’élitisme était problématique !

Bien entendu, il est essentiel que l’école de la République fasse réussir tous les enfants. Et c’est justement pourquoi l’élitisme républicain n’est pas à mépriser, mais au contraire à valoriser. En effet, il repose sur le travail et le mérite. Autant de valeurs qui devraient tous nous rassembler.
La ministre nous dit qu’elle veut développer des enseignements interdisciplinaires parce que les collégiens s’ennuient. C’est une bien curieuse idée ! Non pas qu’il ne faille pas s’intéresser à la manière dont on peut rendre les contenus des enseignements intéressants pour les élèves, c’est d’ailleurs l’un des rôles assignés à la pédagogie ; mais en usant ainsi d’une stratégie d’esquive, elle décrédibilise elle-même l’école. Son raisonnement est finalement très étonnant : si le contenu disciplinaire est difficile, alors passons à l’interdisciplinarité, ce sera plus ludique pour les collégiens.
Mais la seule question qui vaille, c’est celle de la transmission des connaissances et de l’acquisition de compétences. Or, tous les spécialistes des sciences cognitives s’accordent à dire que les structures cognitives se construisent de façon progressive et cumulative. Ainsi, pour pouvoir accéder de manière efficace à un contenu interdisciplinaire, il faut au préalable avoir une bonne maîtrise disciplinaire (…)
La ministre fait fausse route d’un point de vue pédagogique en décrétant l’interdisciplinarité au collège, d’autant que ce seront des heures en moins pour les disciplines. Ensuite, elle renonce ainsi au socle commun de connaissances et de compétences qui avait été introduit dans notre système éducatif en 2005 avec la loi Fillon sur l’avenir de l’école. Ce renoncement sera lourd de conséquences, surtout si vous y ajoutez le fait que la ministre rejette le principe d’une évaluation systématique et régulière pourtant indispensable pour piloter une politique éducative au niveau national. »

Anne Coffinier, énarque et directrice de la Fondation pour l’école : « C’est donc une réforme qui conduit encore et toujours à réduire l’enseignement structuré et structurant, allant du simple au complexe, de manière explicite et systématique, au profit d’un enseignement décousu, sans exigence formelle et cohérence méthodologique, délivré au détour d’un thème ou d’un texte d’étude… On sait pourtant que la réduction constante des horaires alloués au français depuis 30 ans est la cause majeure de l’effondrement du niveau académique des écoles de France : c’est là-dessus qu’il faudrait insister, en réduisant le temps consacré aux matières « anecdotiques ». (…) Plus on détruit le collège public, plus les « élites » en retireront leurs enfants pour les scolariser dans le privé ou à l’étranger : cette politique de destruction de l’enseignement secondaire provoque inévitablement une segmentation accrue de la société. Les élèves les moins favorisés sont justement ceux qui ont le plus besoin de fondamentaux et qui tirent le moins profit de ces enseignements disparates et anecdotiques. »

Au sujet du collège unique

Alain Finkielkraut, philosophe : « Ce fut la plus grande des réformes, mise en route par René Haby sous le septennat de Giscard d’Estaing, et mère de la réforme permanente. Son objectif était de mettre fin à ce que Bourdieu appelait la «reproduction sociale à l’école». Or l’on constate, un quart de siècle plus tard, qu’il y a deux fois moins d’enfants d’ouvriers ou d’employés dans les grandes écoles. Et, pour remédier à cet échec, on a réduit la part de la culture générale, car celle-ci est jugée bourgeoise, déconnectée et sélective. Bref, la réforme aggrave la réforme et c’est le sauve-qui-peut. Des parents se rendent compte que quelque chose ne va pas et que leurs enfants ne reçoivent pas l’enseignement qu’ils ont eux-mêmes reçu. Alors les écoles privées deviennent les conservatoires des valeurs antérieures de l’école publique. Mais ce n’est plus gratuit ni obligatoire, il faut désormais de l’argent et de la connaissance pour y accéder. On nous a donc bâti un collège unique démocratique qui a engendré un système parallèle encore plus inégalitaire. »

Faut-il supprimer le Latin et le Grec ? Si vous n’avez pas d’avis, vous en aurez un après avoir lu ceci…

 

Un pas en avant , un pas en arrière, face à la gronde de certains enseignants, le gouvernement « consulte » le peuple à qui on expose les arguments pour et les arguments contre. Parmi ces nombreux échanges d’avis et points de vue, on retiendra la proposition de Pascal ENGEL Philosophe, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) qui allie pragmatisme et humour pour une démonstration sans équivoque, extraits :

 

« Le latin et le grec ne font que renforcer les inégalités sociales et bloquent l’intégration républicaine. Ils perpétuent des aristocraties académiques indignes de la démocratie du savoir, et empêchent les collégiens d’accéder aux matières utiles à la vie comme la conduite automobile, l’éducation civique et sexuelle.

(…) Quelques propositions simples permettront d’éradiquer définitivement le latin et le grec, et de faire des économies. Nervus gerendarum rerum pecunia. La plus simple consistera à supprimer les professeurs de langues anciennes du secondaire et du supérieur, mais aussi une bonne partie des archéologues. Cela ne les mettra pas au chômage, car on leur proposera, comme pour les postiers, de se reconvertir en moniteurs du permis de conduire.

On demandera ensuite à l’Académie de toiletter la langue française en supprimant toutes les expressions grecques et latines, telles que statu quo, a priori ou et cetera, puis les mots à racine grecque et latine, comme abdominal, belliqueux, anonyme ou misanthrope, pour ne garder que ceux qui viennent du gaulois, de l’arabe ou de l’anglais.

latin-grecOn supprimera des dictionnaires les pages roses, qui ne servent qu’aux pédants. On demandera à Uderzo d’enlever des albums d’Astérix toutes les allusions ridicules qu’y glissait Goscinny, telles que exegi monumentum, alea jacta est ou acta est fabula.

On se passera des locutions latines en droit, auxquelles personne ne comprend rien, comme mens rea ou inter partes. Summum jus, summa injuria ! Par la même occasion, on débarrassera la médecine de ses noms antiques de maladies, comme le lupus, le tetanos ou le delirium tremens, qui nous embrouillent.

Non barbarus sum. Je ne demande pas qu’on détruise la Vénus de Milo. Mais avons-nous vraiment besoin d’appeler nos détergents «Ajax», nos slips «Athéna» et nos foulards «Hermès» ? Le pédant Guy Debord n’aurait-il pas pu traduire son titre In girum imus nocte et consumimur igni ? Je ne propose pas qu’on détruise les livres en latin et en grec, qui peuvent bien rester numérisés. Mais ne gagnerait-on pas de l’espace en expulsant de nos bibliothèques les Loeb et autres Budé qui les encombrent, et en n’imprimant plus les textes latins de Descartes, Spinoza ou Leibniz ? Ils peuvent bien être ad usum delphini. Cela les rendra moins chers et plus accessibles, et cela allègera les notes des éditions de Montaigne. Imaginez aussi le gain de place que feront les musées si les légendes latines des tableaux et sculptures disparaissaient. On supprimera aussi les chiffres romains, qui ne servent à rien, et l’alphabet grec, avec ses Ω et ses ∑ que seuls les mathématiciens utilisent. Par la même occasion, on rebaptisera le Quartier latin d’un nom plus attrayant, «Espace de loisirs rive gauche», et j’avance la modeste proposition de supprimer, également, l’alphabet latin.

On conviendra qu’il serait un peu bête de fermer les sections antiques de nos musées, ou des sites tels que le pont du Gard, le théâtre d’Orange ou la Maison carrée de Nîmes, qui rapportent à l’Etat par le nombre de touristes chinois et japonais qui s’y pressent. On ne voudrait évidemment pas les voir partir pour Pompéi ou le Parthénon. Mais on pourrait y installer les Instituts Confucius généreusement dotés, et y employer les professeurs de latin et de grec comme gardiens de musée. Vae victis. Ceux-ci sont-ils prêts à s’exclamer : Caesar non supra grammaticos ? Nous leur répondons : Ignoramus et ignorabimus. »

 

La fin du redoublement est-elle une bonne chose ?

Selon une étude de l’Education nationale : « le redoublement s’avère peu équitable et inefficace du point de vue des progrès individuels des élèves. Il affecte négativement la motivation, le sentiment de performance et les comportements d’apprentissage de ceux-ci et les stigmatise : à niveau égal en fin de troisième, les élèves en retard obtiennent de moins bonnes notes que les élèves ‘à l’heure’, sont moins ambitieux que ceux-ci et sont plus souvent orientés en filière professionnelle. ».

La décision semble faire également l’unanimité dans les études internationales sur le sujet : Le redoublement n’améliore pas les résultats d’éducation.
Rappel des différents arguments pour justifier sa suppression ou, tout du moins, sa diminution :
- Les pays à forts taux de redoublement affichent de moins bonnes performances.
Au niveau international, un taux élevé de redoublement est généralement synonyme de piètres résultats globaux (voir PISA : http://www.oecd.org/pisa/pisainfocus/).
- La pratique du redoublement est un facteur de démotivation. En France, les élèves qui redoublent en sont souvent informés bien avant la fin de l’année scolaire et sont démotivés pour le temps restant.
- Le redoublement est injuste ou perçu comme tel. Dans la majorité des pays, le redoublement fait généralement suite à une évaluation des élèves par les enseignants ou l’établissement à la fin de l’année scolaire. Cependant, les critères utilisés pour décider d’un redoublement ne sont pas normalisés et diffèrent non seulement entre les régions, villes et établissements scolaires, mais aussi parfois entre les classes d’un même établissement avec la notation plus ou moins sévère des notations.
- Le redoublement a un coût économique non négligeable. Le redoublement a un coût économique : les élèves restent non seulement scolarisés plus longtemps que prévu dans le système d’éducation, mais leur entrée sur le marché du travail s’en trouve également retardée. En 2009, le coût du redoublement a ainsi été chiffré à 2 milliards d’euros par an par le ministère de l’Éducation.
Quelles alternatives au redoublement ?
Pour autant, la diminution ou la suppression du redoublement, même si c’est une mesure nécessaire, ne permettra pas de résoudre les problèmes du système d’éducation français si d’autres initiatives ne sont pas mises en place pour lutter contre l’échec scolaire. Quelques pistes qu’il serait urgent d’étudier :
▪ La Finlande et les Pays-Bas figurent tous deux dans le haut du
classement de performance. Ces deux pays essaient de limiter le redoublement : en Finlande, par des pratiques pédagogiques où l’enseignant adapte son cours au niveau des élèves et aux Pays-Bas, par du soutien scolaire organisé au sein des établissements.
▪ Au Portugal, le taux élevé de redoublement a poussé le gouvernement portugais à investir, entre 2005 et 2009, davantage de ressources en triplant le nombre de bénéficiaires de son programme d’action sociale scolaire. En parallèle, les enseignants ont reçu des formations complémentaires et un système d’évaluation (des enseignants et des établissements) a été mis en place afin d’augmenter la responsabilisation, initiatives qui ont permis une progression significative des résultats des élèves de 15 ans portugais en compréhension de l’écrit entre 2000 et 2009. Sur la période 2004-09, le taux de redoublement dans la 9e année d’études a également connu un recul important, passant de 21.5 % à 12.8 %.

- Le nombre d’élèves par classe et la formation des enseignants, afin de «mieux les préparer à affronter des classes hétérogènes». De l’autre côté, revoir les programmes et la pédagogie (cf : La classe inversée) permettrait aux enseignants d’être davantage au contact des élèves.

- Il faudrait recentrer les apprentissages sur les fondamentaux en primaire, car les causes de l’échec sont là : 20 % des élèves arrivent en 6e sans maîtriser la langue française et 30 % sans maîtriser les fondamentaux scientifiques et mathématiques.

- Enfin, on pourrait décider de réduire les programmes, surchargés, en se concentrant sur les fondamentaux (lire, écrire, compter) afin de gagner du temps et de pouvoir réduire la taille des classes dans les zones les plus défavorisées. On pourrait également profiter de ce temps pour donner plus de place au sport ou à la création, sur le modèle allemand, afin d’aider les enfants à retrouver de la motivation et du sens à leur parcours scolaire.

- Favoriser le soutien scolaire et les cours de rattrapage. Comme en Italie, les écoles sont tenues d’organiser des cours de remise à niveau durant les vacances scolaires.

- Il existe aussi des alternatives pour penser la progression de chaque élève, à son rythme. On peut par exemple appliquer vraiment les cycles pluriannuels qui doivent, théoriquement, permettre aux élèves d’intégrer les savoirs et les compétences sur plusieurs années (cycles)

- Revoir l’évaluation et les modalités de la notation ( Faut-il supprimer les notes ? ) pour inciter, encourager plus que sanctionner.

Le redoublement n’est pas forcément à bannir mais à traiter au cas par cas.
– « J’ai vu des élèves redoubler en seconde et se reprendre, dès lors qu’ils sont bien accompagnés et que l’on a travaillé avec eux le sens de ce redoublement. » constate Nathalie Broux, 38 ans, professeure de français au lycée du Bourget-microlycée 93 (Libération 11/11 /2014) « Je vois des jeunes, souvent issus des cités, qui déboulent au lycée en seconde générale alors qu’ils n’ont aucun code et ils n’y arrivent pas. Comme on ne fait pas redoubler, on les oriente en première professionnelle alors même qu’ils veulent rester en général, (…) Or, certains ont parfois besoin de temps et on ne leur laisse pas.»

Le redoublement constate l’échec scolaire et n’en est pas la cause. En supprimant le redoublement sans mettre en place des alternatives, on ne résoudra aucun problème. Et cette mesure ne fera que redéfinir notre conception de la réussite et de l’échec, plutôt que de s’attaquer aux véritables causes de l’échec scolaire en France.

Faut-il supprimer les notes à l'école ?

 

En France, les notes sont une institution. La notation sur 20 est une spécificité nationale, qui permet la sélection des élèves et vise à encourager la compétition. Il semblerait d’ailleurs qu’une majorité de familles soit pour le maintien des notes, ne serait-ce que pour maîtriser les codes de la réussite scolaire de leurs enfants.

D’un autre côté, les psychologues et certains professionnels de l’éducation (y compris des enseignants) constatent que les mauvaises notes sont vécues comme une sanction et sont donc un facteur de stress, de démotivation, voire d’exclusion pour l’élève. Notre système de notation souligne en effet davantage les lacunes et les erreurs qu’il ne montre les progrès (en Finlande, par exemple, les élèves ne reçoivent pas de notes avant la 4e).

Une enquête Pisa de l’OCDE montre également que « les jeunes Français sont ceux qui redoutent le plus l’erreur et s’abstiennent le plus de répondre, par peur de faire une faute ».

Alors que faut-il en penser ? Et surtout, avant de parler de supprimer les notes, que peut-on améliorer dans le système d’évaluation ? Des solutions existent… et sont déjà appliquées par un nombre croissant d’établissements et d’enseignants.

Des notes plus justes

Une notation encourageante – des notes qui prennent en compte et valorisent les progrès, les efforts de l’élève plutôt que le niveau atteint.

Diversifier les épreuves – Prévoir des contrôles diversifiés (courts, longs, oraux, écrits…) où les élèves peuvent compenser par exemple une difficulté à l’écrit par une plus grande aisance à l’oral.

Des notes pour aider et non pour être sanctionné – Prévenir les élèves des dates d’évaluation. Leur donner la possibilité d’effacer une note très mauvaise qui ferait chuter la moyenne en repassant l’épreuve après avoir retravaillé.

Evaluer sans dévaluer : des notations moins détaillées

Alors même qu’un certain nombre d’enseignants sont attachés à une grille de notation de 0 à 20 et utilisent même des demi-points, des pays tels l’Allemagne, la Finlande, les États-Unis ont recours à des grilles de notation beaucoup moins détaillées. En Allemagne, les notes vont de 1 à 6. La note 6 étant rarement utilisée. Les demi-points sont proscrits et le professeur pratique des arrondis favorables aux élèves si leur attitude en classe et leurs progrès sont satisfaisants. L’école finlandaise a aussi adopté un système de notation favorable aux élèves. Les notes vont de 4/10 (note la plus faible) à 10/10. La graduation des notes est la suivante : 4 (échec à l’exercice) ; 5 (suffisant) ; 6 (moyen) ; 7 (satisfaisant) ; 8 (bien) ; 9 (très bien) ; 10 (excellent). Il n’existe ainsi qu’une seule note (4/10) pour indiquer à l’élève qu’il a échoué à l’exercice. La même règle existe aussi aux États-Unis qui a recours à une notation par lettres de A à F, y compris à l’université.

Le recours à des épreuves communes à l’ensemble des classes d’un établissement

Parfois organisées dans les classes du lycée, ces épreuves ont le mérite de reposer sur des exercices communs et un barème commun de notation.

Donnez-nous votre avis…

« En France, les partisans des notes considèrent que celles-ci sont équivalentes à un « thermomètre » absolument nécessaire pour les élèves et les professeurs. Les défenseurs des notes ne semblent pas être conscients que chaque professeur utilise un thermomètre qui lui est propre et que, pour cette raison, la précision de celui-ci est faible. Le principe même d’une évaluation rigoureuse est de recourir à un thermomètre commun, étalonné à l’aune des mêmes compétences et critères de correction. La réforme des pratiques de notation n’est pas de supprimer des repères, mais de définir clairement des exigences communes au service des apprentissages des élèves. Le but poursuivi par les nouvelles formes d’évaluation est de former, de favoriser la réussite, non de céder, à l’obsession de la compétition et du classement. Aux plus jeunes âges, former et classer sont des objectifs concurrents. Le temps de la sélection s’insère logiquement après la maîtrise par tous des compétences du socle commun à la fin du collège. » Pierre Merle, professeur de sociologie à l’IUFM et à l’université européenne de Bretagne (extrait de cairn.info)

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L'UNIFORME POUR TOUS ?

La question revient régulièrement comme le vieil air d’une chanson d’après-guerre. Il ne s’agit évidemment pas d’un grand débat sur l’école mais l’idée fait toujours couler beaucoup d’encre entre les « pour » et les « contre », même si certains sondages tendraient à montrer qu’aujourd’hui, une majorité de parents y seraient favorables.

Petit récapitulatif

Les arguments « pour » :
L’uniforme réduit l’écart, les différences, les inégalités entre les familles.
Les règlements des écoles ne devront plus batailler sur les tenues correctes exigées (cf : Ecolier refusé à la rentrée car il portait un tee-shirt d’une équipe de foot).
Il sera plus facile de sécuriser l’accès dans l’établissement en reconnaissant rapidement les intrus possibles.
L’école ne sera plus un lieu où s’expriment les attitudes consuméristes et la surenchère des marques. L’uniforme crée un sentiment d’appartenance à une communauté, une identité scolaire, voire un esprit d’équipe, comme cela existe depuis toujours dans les écoles anglo-saxonnes.
Enfin, si « être, c’est être différent », il s’agira d’exister autrement que par ses apparences.

Les arguments « contre » :
L’uniforme est une idée conservatrice et passéiste et donc essentiellement issue de la Droite.
L’uniforme est réducteur et empêche les personnalités de s’exprimer.
Comme le prétend Marcel Rufo, pédo-psychiatre, défenseur du « polymorphisme », dans notre société actuelle, il faut respecter la diversité et lutter contre l’uniformisation.
L’uniforme ne lutte en rien contre les inégalités, il les camoufle.
Et sans doute d’autres encore…

Quoi qu’il en soit, ne laissons pas des clivages et jeux politiques se draper dans telle ou telle posture et donnons notre avis sur ce point comme sur d’autres, pour qu’une majorité, si elle existe, se fasse entendre.
Isabelle M. (Nice)

10 conseils avant de rencontrer un professeur !

Les HUMEURS de SerialMother

« 10 conseils avant de rencontrer un professeur ! »

Il y a deux sortes de rendez-vous : celui provoqué par l’enseignant et celui que vous avez sollicité. La plupart du temps malheureusement, il s’agit d’évoquer un problème. Voici quelques conseils adaptés selon les cas…

Cas N°1 : Vous avez un sujet de mécontentement que vous aimeriez bien partager. En d’autres termes, vous avez demandé à rencontrer un professeur dans l’intention de lui « causer du pays. »

- Commencez poliment par le remercier de vous recevoir (après tout il n’est pas obligé !)

- Exposez très calmement l’objet de votre « incompréhension » plutôt que votre colère, vos « questionnements » plutôt que votre ras le bol, votre « désarroi » plus que votre exaspération. Oui bon, d’accord, vous avez l’impression qu’il ne s’agit ici que de rhétorique, mais n’oubliez pas que les profs sont des hommes (ou des femmes) comme les autres, des êtres sensibles et même susceptibles parfois.

- Rappelez alors le principe qu’ils ont dû aborder au moins 2 minutes en 2 ans d’ IUFM (Ecole des professeurs aujourd’hui baptisée ESPE) : profs et parents main dans la main pour le plus grand bien des élèves. Insistez : Vous êtes à ses côtés et non contre lui, vous poursuivez le même objectif, vous regardez dans la même direction etc…

-  Après cette parenthèse de communion émouvante, voici venir le moment idéal pour ouvrir une petite parenthèse sur le dur métier de prof et votre admiration – ou à minima votre respect si vous n’êtes vraiment pas d’humeur – sur leur mission à la fois complexe et louable.

- Maintenant, vous pouvez enfoncer le clou en verbalisant votre point de désaccord mais aussi en expliquant vos attentes pour le reste de l’année (toujours une touche d’espoir, c’est important). Quelle que soit la réponse du professeur et surtout si elle ne correspond pas à vos désirs, ne jamais rabaisser, menacer, ou pire insulter, c’est toujours contre-productif ; à moins que votre patronyme soit Don Corleone, vos sautes d’humeur inspireront moins la peur que la pitié.

Cas N°2 : Convoqué par un professeur, c’est vous qui êtes appelé à la barre en tant que témoin assisté (pour rappel, c’est le statut qui précède celui d’inculpé)

-  Le premier contact donnant le ton de l’entrevue à venir, prenez un air inquiet (mais pas trop), concentré et attentif et en même temps sûr de vous, faites le regard de celui qui appartient à une longue lignée d’innocents (cela nécessite peut-être une entrainement préalable devant la glace)

- Ecoutez alors attentivement et patiemment les raisons de votre convocation.

- Si, suite à ce que vous venez d’entendre, vous avez envie d’étrangler votre enfant : prenez un air accablé (vous n’aurez probablement pas à vous forcer) et annoncez la planification d’une mise aux arrêts ou d’une séance de torture, voire d’une décapitation si vraiment votre enfant a poussé le bouchon un peu loin (si si ça peut arriver !).

- Si, suite à ce que vous venez d’entendre vous avez envie d’étrangler le prof : reformulez très calmement ce qu’il vient (d’avoir l’audace) de dire, et reprenez ses mots pour lui demander si vous avez bien tout compris. C’est la méthode PNL (Programmation Neuro Linguistique) qui à mon avis ne sert à rien si ce n’est à vous faire gagner un peu de temps pour reprendre vos esprits. Ne prenez pas un air révolté mais dubitatif. N’ayez surtout pas l’air de douter de la parole du prof mais doutez plutôt de l’existence d’un Dieu sur Terre. C’est une façon de remettre en perspective la vacuité de cette entrevue face au grand questionnement de ce Monde et c’est une sortie de crise qui en vaut d’autres…

 Cas N°3 : Les problèmes sont abordés de part et d’autres. Les deux parties échangent intelligemment et dans un respect mutuel. Une solution est trouvée qui contente les deux interlocuteurs pour le plus grand bien de l’élève. Il est probable que l’enseignant a lu préalablement « 10 conseils aux profs avant de rencontrer un parent irascible. »