Faut-il supprimer les notes à l'école ?

Faut-il supprimer les notes à l'école ?

 

En France, les notes sont une institution. La notation sur 20 est une spécificité nationale, qui permet la sélection des élèves et vise à encourager la compétition. Il semblerait d’ailleurs qu’une majorité de familles soit pour le maintien des notes, ne serait-ce que pour maîtriser les codes de la réussite scolaire de leurs enfants.

D’un autre côté, les psychologues et certains professionnels de l’éducation (y compris des enseignants) constatent que les mauvaises notes sont vécues comme une sanction et sont donc un facteur de stress, de démotivation, voire d’exclusion pour l’élève. Notre système de notation souligne en effet davantage les lacunes et les erreurs qu’il ne montre les progrès (en Finlande, par exemple, les élèves ne reçoivent pas de notes avant la 4e).

Une enquête Pisa de l’OCDE montre également que « les jeunes Français sont ceux qui redoutent le plus l’erreur et s’abstiennent le plus de répondre, par peur de faire une faute ».

Alors que faut-il en penser ? Et surtout, avant de parler de supprimer les notes, que peut-on améliorer dans le système d’évaluation ? Des solutions existent… et sont déjà appliquées par un nombre croissant d’établissements et d’enseignants.

Des notes plus justes

Une notation encourageante – des notes qui prennent en compte et valorisent les progrès, les efforts de l’élève plutôt que le niveau atteint.

Diversifier les épreuves – Prévoir des contrôles diversifiés (courts, longs, oraux, écrits…) où les élèves peuvent compenser par exemple une difficulté à l’écrit par une plus grande aisance à l’oral.

Des notes pour aider et non pour être sanctionné – Prévenir les élèves des dates d’évaluation. Leur donner la possibilité d’effacer une note très mauvaise qui ferait chuter la moyenne en repassant l’épreuve après avoir retravaillé.

Evaluer sans dévaluer : des notations moins détaillées

Alors même qu’un certain nombre d’enseignants sont attachés à une grille de notation de 0 à 20 et utilisent même des demi-points, des pays tels l’Allemagne, la Finlande, les États-Unis ont recours à des grilles de notation beaucoup moins détaillées. En Allemagne, les notes vont de 1 à 6. La note 6 étant rarement utilisée. Les demi-points sont proscrits et le professeur pratique des arrondis favorables aux élèves si leur attitude en classe et leurs progrès sont satisfaisants. L’école finlandaise a aussi adopté un système de notation favorable aux élèves. Les notes vont de 4/10 (note la plus faible) à 10/10. La graduation des notes est la suivante : 4 (échec à l’exercice) ; 5 (suffisant) ; 6 (moyen) ; 7 (satisfaisant) ; 8 (bien) ; 9 (très bien) ; 10 (excellent). Il n’existe ainsi qu’une seule note (4/10) pour indiquer à l’élève qu’il a échoué à l’exercice. La même règle existe aussi aux États-Unis qui a recours à une notation par lettres de A à F, y compris à l’université.

Le recours à des épreuves communes à l’ensemble des classes d’un établissement

Parfois organisées dans les classes du lycée, ces épreuves ont le mérite de reposer sur des exercices communs et un barème commun de notation.

Donnez-nous votre avis…

« En France, les partisans des notes considèrent que celles-ci sont équivalentes à un « thermomètre » absolument nécessaire pour les élèves et les professeurs. Les défenseurs des notes ne semblent pas être conscients que chaque professeur utilise un thermomètre qui lui est propre et que, pour cette raison, la précision de celui-ci est faible. Le principe même d’une évaluation rigoureuse est de recourir à un thermomètre commun, étalonné à l’aune des mêmes compétences et critères de correction. La réforme des pratiques de notation n’est pas de supprimer des repères, mais de définir clairement des exigences communes au service des apprentissages des élèves. Le but poursuivi par les nouvelles formes d’évaluation est de former, de favoriser la réussite, non de céder, à l’obsession de la compétition et du classement. Aux plus jeunes âges, former et classer sont des objectifs concurrents. Le temps de la sélection s’insère logiquement après la maîtrise par tous des compétences du socle commun à la fin du collège. » Pierre Merle, professeur de sociologie à l’IUFM et à l’université européenne de Bretagne (extrait de cairn.info)

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Comments (3)

  1. L’évaluation des acquisitions des élèves est nécessaire pour les enfants et pour les parents .
    Mais c’est aussi pour les professeurs de précieux renseignements leur permettant de voir les résultats de leur pédagogieet et , le cas échéant, d’améliorer leur enseignement en se posant des questions : combien d’élèves n’ont pas réussi ?Que n’ont-ils pas compris ? Quelles sont les erreurs faites le plus souvent ?Et pourquoi ? Nécessité de reprendre le cours entier ou en partie ?
    L’évaluation ne doit pas être seulement un jugement de valeur mais un moyen de faire progresser les élèves en surveillant leurs acquisitions .
    France, professeur des écoles (78)

  2. Bonjour monsieur,

    La France a un très bon niveau d’éducation pour une seule chose : la bonne qualité des cours, et les contrôles réguliers qui obligent les élèves à travailler. Si un élève s’oppose au système, il est pénalisé. Et malgré ça, il a toujours eu des rédacteurs, qui souhaiteraient enlever ce système.

    Je vous en pris, enlevez les notes aux enfants des quartiers dévalorisés pendant un certains temps, et regardez ce qui se passera. Les élèves viendront avec plaisir à l’école, certes, mais pour le plaisir de participer à l’ambiante de classe, et non au cours. Les élèves ont besoin d’avoir un élément qui les obligent à travailler. Pour certains, c’est le plaisir, pour d’autres la détermination, pour d’autres l’orientation future… Et pour d’autres, les notes !

    Aux Etats-Unis, il y a une notation sous la forme A ; B ; C. Cette notation dévalorise l’élève. Pourquoi me diriez vous ? Un élève qui a 15/20 a un A. Mais un élève qui a 19/20 a aussi un A. Et donc, les élèves se contentent d’un A qui vaut 15 au lieu d’un A qui vaut 19.

    Enfin, je vous invite à regarder les professeurs évaluer leurs élèves sans support pédagogique. Un professeur n’est pas capable de localiser les moindres difficultés d’un élève sur une classe de 40 élèves.

    Les élèves n’ont pas à repasser le même controle en guise de rattrapage. C’est à eux de travailler de leur coté leurs faiblaisses, et de les perfectionner pour la prochaine évaluation.

    Je terminerais pas souligner que les notes n’ont jamais eu pour but de sanctionner, ou pénaliser les élèves. Au contraire, elles ont pour but de les obliger à travailler plus, et de leur montrer ce que vaut leur copie. Certaines font froid dans le dos, d’autres font hurler de joie.

    J’estime qu’il serait judicieux de noter les oraux avec des A ; B ; C, et de laisser le système de notes sur vingt.

    Hugo, élève de 1èreS

  3. Je trouve que c’est bien de noter les enfants à partir de l’adolescence. C’est le moment où ils s’épanouissent, souvent relativement les uns aux autres et donc la note peut leur permette de se distinguer et les motiver pleinement.
    Avant cet âge, on trouve moins d’intérêt à ma notation, elle peut même être destructrice. Le système d’évaluation n’étant pas parfait (qui aurait la prétention de l’avoir inventé ?) il peut fonctionner à l’inverse de ce pour quoi il a été mis en place et faire régresser l’enfant, dès lors il ne faut surtout pas l’imposer trop tôt.
    En revanche, je trouve que c’est une assez bonne idée de noter les écoles, pas forcément les enseignants, mais un indice de la qualité de vie dans un établissement comme un bonheur apprentissage brut (bab) serait appréciable pour les parents pour les aider à choisir…

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