Author Archives: ecolemania

About ecolemania
ECOLEMANIA est le 1er site communautaire des parents investis dans la scolarité de leurs enfants.

Comment savoir si aujourd’hui l’école fait plus de bien que de mal ?

Spécialiste des neurosciences, Idriss Aberkane nous parle de notre cerveau, de son fonctionnement et de tout ce que nous devrions apprendre à son sujet. Ne pas laisser à d’autres le pouvoir de connaître notre cerveau mieux que nous même et de nous manipuler, tel est le message de l’auteur.

Il existe des prodiges capables de calculer la racine soixantetreizième d’un nombre à cinq cents chiffres en moins de trois minutes. Ils ont pourtant le même cerveau que nous. Alors, comment font-ils, ceux qui pensent plus vite, qui se concentrent plus longtemps ou bien développent une mémoire phénoménale ? Ils utilisent leur cerveau de façon différente et harmonieuse, selon des principes « neuroergonomiques » : ainsi, de même que l’on pose des poignées sur des valises trop lourdes pour les soulever sans peine, on peut donner des poignées à nos objets mentaux pour les manipuler plus facilement.
Dans cet ouvrage à la portée de tous, foisonnant d’exemples, Idriss Aberkane nous entraîne à la découverte de notre matière grise, nous révélant ses capacités et ses limites, ses points aveugles et ses ressorts inattendus. Pour penser mieux, éduquer mieux, vivre mieux, pas besoin d’être un génie, il suffit d’utiliser les formidables ressources que la nature a mises sous notre crâne.

Libérez Votre Cerveau ! Véritable Manifeste De Neurosagesse pour changer L’école d’Idriss Aberkane (Ed Robert Laffont)

Extraits :

« (…) Comment savoir si aujourd’hui l’école fait plus de bien que de mal ? Ce sont des gens fièrement scolarisés, persuadés de leur valeur individuelle, qui ont commis sans broncher les plus faramineuses atrocités sur terre, preuve que l’excellence scolaire échoue à sélectionner la bonté et l’humanité… Dans la vraie vie, l’humanité crée une diversité de pensées, de pratiques, de méthodes, d’esprit. Dans la vie notée, l’école dit : « Hors de ma mesure point de salut » Pourtant face à l’échec scolaire, cette même école admet que la priorité, c’est au moins la socialisation de l’élève. Comment alors l’encourager si on ne lui apprend à travailler qu’individuellement ? Je suis convaincu que la socialisation, à l’école, se produit par accident, et dans la cour de récréation, pas en classe. Je me demande même quel serait le score de socialisation de l’école par rapport à une cour de récréation permanente. (…) Notre société est une sorte de machine. Alors, pour y avoir une place il faut être une pièce conforme, et d’une certaine qualité. C’est précisément ce que fait de nous l’école. D’une masse d’enfants ouverts, créatifs, spontanément fraternels et non conformes, elle fait des pièces séparées. Vous avez étudié à Polytechnique ? Votre salaire sera supérieur à celui d’un ancien élève de l’université de Tours, parce que dans l’usine, la pièce sortie de Polytechnique est plus chère. »

Pour ou contre l’école à partir de 2 ans ?

 

Le ministère de l’Education nationale souhaite promouvoir dès la rentrée prochaine la scolarisation des enfants de moins de 3 ans. Le but : Favoriser l’égalité entre élèves, réduire les écarts de réussite scolaire, aider les enfants en difficulté d’apprentissage.

Louable objectif bien sûr mais auquel on n’alloue pas, encore une fois, les moyens adaptés. Car une meilleure prise en charge des enfants à la maternelle ne passe sans doute pas par leur âge d’accueil mais par la qualité du temps qu’ils y passent avec moins d’effectifs par classe, des horaires plus flexibles qui s’adaptent à chacun.

Deux témoignages pour se faire une idée…

POUR : Isabelle Racoffier présidente de l’AGEEM (Association Générale des Enseignants des Ecoles et classes Maternelles publiques) : « L’école maternelle nous semble être le lieu qui permet à l’enfant de découvrir un autre milieu, notamment pour les familles les plus fragiles ou celles qui ne parlent pas français par exemple. Tout d’abord, c’est un espace structurant: certains enfants n’ont pas de structure à la maison. L’école leur permet d’apprendre des règles de vie commune, le respect de l’autre, mais aussi les limites de l’autre aussi. Ensuite, l’école maternelle permet une transition entre les deux espaces familial et public. »

CONTRE : France Mousseau, enseignante en Maternelle : « Chez l’enfant, 2 ans, 2 ans et demi est un âge difficile. C’est l’âge du  » non » et du  » moi tout seul ». C’est l’âge des envies contradictoires : on veut devenir grand mais on veut aussi parfois rester petit pour être protégé, sécurisé. L’école actuelle avec ses conditions d’accueil offre-t-elle un milieu adapté aux besoins de ces enfants tout petits ?

La sieste est un moment important pour les petits

La sieste est un moment important pour les petits

L’enfant de 2 ans se heurte soudain à des interdits , à des règles de vie collective contraignantes , à un rythme scolaire fatigant , alors qu’il a besoin d’un suivi personnel, d’une relation affective très forte à deux et non d’une classe dont la masse peut être inquiétante. Il est noyé parmi une trentaine d’élèves avec deux adultes seulement, la maîtresse et l’atsem.
On avance l’intérêt de la scolarisation précoce pour le développement du langage dans les milieux défavorisés . Mais les enfants des milieux défavorisés ont besoin comme les autres de protection et d’affection . Si les échanges affectifs avec leurs parents leur manque à cet âge, ils risquent de leur manquer toute leur vie car on ne peut pas faire l’impasse de cette étape importante nécessaire au développement de l’enfant et à la structuration de sa personnalité et de sa pensée. On ne peut pas » rattraper » cela par la suite. Alors que le langage est un apprentissage que l’on peut rattraper à tous les niveaux de la scolarité. Nous vivons dans une société qui ne vise que les performances. Nos enfants sont dans les starting blocks.
Il faut laisser aux enfants le bonheur de prendre le temps de grandir au rythme qui leur convient. »

Conclusion : Le mieux, encore une fois, est sans doute de ne se fier qu’à son instinct de parents, de son envie, de son aspiration à construire une famille, à construire une relation avec son enfant sans se fier aux directives des Ministères de l’Education qui se succèdent !

Pour en savoir plus :  L’inscription à l’école maternelle

La Green School ou l’école de nos rêves !

La « Green School » a été créée en 2008 par John and Cynthia Hardy, à Bali. Le rêve de ce couple nord-américain a été d’ouvrir une école tournée entièrement vers le développement durable, tant dans la conception du bâtiment que dans les programmes scolaires.

Plantés au milieu des rizières et de la forêt tropicale, l’école et ses équipements sont construits en bambou et fonctionnent entièrement grâce aux énergies renouvelables. Les panneaux solaires couplés à une microcentrale hydraulique et à une batterie de stockage de l’électricité ont d’ailleurs été fournis par une société française (Akuo Energy).
thumbr-1L’école produit la nourriture dans sa ferme qui pratique une agriculture écologique. Ainsi, la quasi-totalité des aliments consommés dans l’école sont produits sur place, avec le concours des enfants, qui suivent à la fois des cours théoriques et des enseignements pratiques en lien avec l’environnement. Le site abrite également un important sanctuaire d’espèces d’oiseaux menacées.
The Green School été couronnée l’école la plus verte du monde par l’U. S. Green Building Council. Le fondateur américain du label LEED en fait désormais un totem pour son réseau d’écoles vertes américaines qui compte une petite centaine de références.

l'équipe de l'écoleL’enseignement calqué sur la pédagogie anglo-saxonne est enrichi d’autres compétences telles que des ateliers autour du développement durable.

J’entends déjà les critiques des esprits chagrins (dont je fais partie), peu de Balinais scolarisés dans cette école où des familles fortunées viendraient du monde entier s’installer pour que leur têtes blondes puissent suivre une année de scolarité, frais de scolarité très élevé (5 à 10 000$ selon l’âge), contenu pédagogique non certifié donc pas d’équivalence avec les autres systèmes scolaires etc…
Alors, écologie de luxe, rêve de riche…ou rêve tout court ?
Sans devoir aller si loin, sans même profiter de ce climat tropical et de l’environnement sauvage, de sa flore luxuriante, on peut quand même rêver, ici, maintenant, pour nos enfants : travaux pratiques en extérieur, projets et ateliers écologiques, potager dans l’école, cantine bio, aménagement des classes par les élèves, et pour couronner le tout, un enseignement tourné vers les enjeux de demain, développement durable, énergie renouvelable, respect de la faune et de la flore, gestion de l’eau, consommation responsable …
Les fondateurs de Green SchoolJohn : « Nous avons construit Green School pour créer un nouveau paradigme d’éducation. Nous voulons que les enfants apprennent à cultiver des sensibilités physiques qui les aideront à s’adapter au monde de demain. Nous voulons que les enfants développent une conscience spirituelle et une intuition émotionnelle afin de les encourager à ne négliger aucune possibilité du développement de la vie »

Pour en savoir plus : Présentation de l’école par son fondateur sur TED (en anglais) et site web de l’école The Green School

Quelques exemples d’initiatives à l’école en France :

Jardinons à l’école !

Fondation LaMap

L’école maternelle Danielle Casanova

 

Le TOP 3 des Classements de Lycées en 2016

Le cru 2016 est arrivé ! Une myriade de classements de lycées est comme chaque année, à la même époque, consultable en ligne, alors nous avons fait le tri et nous vous proposons notre Classement des classements de lycées. And the Winner is …

En première position, nous avons choisi le Classement du journal Le Monde Classement 2016 qui a le mérite d’être simple, très lisible et qui tente d’apporter une analyse générale des résultats.
En effet, dans ce classement des lycées, les établissements privés caracolent largement en tête. Ce sont 38 lycées privés qui s’imposent parmi les 50 premiers. Et même parmi les lycées champions de la « valeur ajoutée » – ceux qui, par définition, ne pratiquent pas (ou peu) de sélection, mais mènent au baccalauréat des jeunes qui, statistiquement, avaient peu de chances d’y accéder.
Le Monde vous propose également (enfin !) des pistes pour trouver le lycée qui vous convient le mieux (cf : comment bien choisir un établissement)) et qui n’est pas forcément le « meilleur » lycée !

En N°2, le site dédié Classement-lycée.com avec ses camemberts colorés propose une vision globale des évolution par années, par spécialités etc…ainsi qu’une recherche simplifiée.

En N°3, le site de L’Etudiant présente un Classement assez fourni en informations avec la possibilité de rechercher un lycée d’après de multiples critères (statut de l’établissement, notation, internat, académie…)

Bonne recherche, et n’oubliez pas : le « meilleur » lycée n’est pas toujours le mieux adapté !

Des idées de cadeau ! Les dernières astuces de la Mère Noël...

 

Mission : trouver Le cadeau qui fait plaisir, qui surprend aussi et qui va durer un peu plus que le temps d’ouverture du paquet. Vous avez écumé les rayons de jouets en plastic, comparé les prix exorbitants des derniers drones, tablettes et autres merveilles de la technologie disponibles à partir de …18 mois (sic), vous avez définitivement renoncé aux jouets pédagogiques en bois, vous avez déjà offert les classiques Monopoly, Scrabble, Master mind, Cluedo et Rummikub et vous cherchez toujours en vain…Les idées les plus simples sont parfois les meilleures…

 idée cadeauDes cadeaux nature. Vous seriez étonnés de constater que nos enfants s’émerveillent toujours face à la nature, surtout les petits citadins. Certaines plantes sont originales et instructives. Le bonzaï par exemple ou bien certaines plantes carnivores  qui attisent la curiosité des petits comme des grands. Mais aussi des kits de germination rigolos, des perchoirs pour oiseaux…

 

 

 

idée cadeau Un livre de cuisine pour les juniors : La promesse de desserts et plats rigolos que vous pourrez faire dès le lendemain tous ensemble. Il existe des livres adaptés à tous les âges et à tous les niveaux avec des illustrations qui feront envie aux plus récalcitrants !

 

 

 

Si vous optez pour de l’argent liquide : pensez à le déposer dans une tirelire amusante qui incitera par exemple à faire des économies !

 

Des livres : Même si « on trouve tout sur internet » rien ne remplace le plaisir de tourner les pages d’un beau livre. Le choix est immense parfois un peu trop et l’on s’y perd. Ne pas hésiter à se rendre dans les librairies Jeunesse où vous pourrez trouver de l’aide auprès des libraires qui sont incollables sur les auteurs à succès.

Alain Le Saux

Alain Le Saux

Mes préférés : les livres de Philippe Corentin et de son frère jumeau Alain Le Saux. Deux styles différents mais beaucoup d’humour !

Autre solution : commander un livre personnalisé pour votre enfants (ça marche aussi pour les adultes) dont il sera le héros ! Succès garanti ! http://www.creermonlivre.com/livre-personnalise-enfant, ou http://www.livre-livre.com/comedia/comedia-fonctionnement.php ou encore http://www.reveauxlettres.fr/le-concept


home made 
Le Home-made : Retroussez vos manches et faites un cadeau unique au monde ! Le « Do It Yourself » est de plus en plus tendance. Du coffre à jouets peint à la main en passant par tous les objets (lampes, étagères, boîtes de rangement, coussins, sacs…) que vous pouvez customiser et personnaliser. Idée originale venue des U.S : confectionner une couverture patchwork avec de les t-shirts ou pulls trop petits !

 

L’équipement de sport, un sac de sport personnalisé : C’est tellement évident… une nouvelle fois, ne pas projeter ses propres envies sur l’enfant… il n’est pas forcément cet athlète de dodgeball ou la majorette que vous vouliez devenir !

Ben Stiller dans le film Dodgeball (Même pas mal!)

Ben Stiller dans le film Dodgeball (Même pas mal!)

 

 

 

 

 

 

 

Le kit de science, de bijoux, de couture, de fabrication de modèles réduits etc…Vous pouvez constituer vous même le kit en question très simplement. Par exemple en achetant une jolie trousse que vous remplirez avec les perles ou les écussons de votre choix ainsi qu’un petit nécessaire de couture. Ladroguerie.com, par exemple, présente dans une dizaine de villes en France regorge d’accessoires et d’idées.

 

ECOLEMANIA vous souhaite un joyeux NOEL ! 

 

 

L'Education nationale, too big to change ?

Les discussions autour de la réforme du collège passée aux forceps par décret continuent…Malheureusement la passivité et l’absence de propositions des 3 principales associations de parents d’élèves (FCPE, PEEP, APEL) pourraient faire croire qu’il n’y a rien de mieux à faire. Mais peut-on raisonnablement penser que la suppression du latin-grec, l’instauration d’horaires pluridisciplinaires désorganisés ou la disparition des classes bilangues vont suffire à stopper la débâcle l’école de la République ?

Des alternatives existent pourtant ; quelques propositions d’ Eric Verhaeghe sur son excellent blog :

http://www.eric-verhaeghe.fr/education-nationale-quelle-strategie-pour-reformer/

Extraits :

Pour un choc systémique dans l’éducation

Tout ceci m’amène à penser que la France a besoin d’un choc systémique majeur dans le domaine éducatif. Seule cette stratégie de choc me paraît capable de redonner à la France, dans les dix ans à venir, sa fierté de disposer du meilleur système éducatif au monde – fierté que j’ai découverte lorsque je suis arrivé en classe préparatoire en France en 1986.

La novlangue de l'éducation nationale

La novlangue de l’éducation nationale

Ce choc systémique repose bien évidemment sur une réponse à apporter au too big to change. Aujourd’hui, le principal obstacle à une refondation cohérente du système éducatif français tient à la taille de la structure éducation nationale, qui emporte avec elle un torrent de frustrations chez les enseignants, et de démotivations à tous les étages. En même temps, chacun sait que la déconcentration et l’autonomie indispensable des établissements se heurtera à une résistance interne forte qui la bloquera tôt ou tard.

C’est pourquoi il me semble que le choc systémique le plus cohérent consiste à abandonner une logique de solvabilisation de l’offre éducative pour passer à une logique de solvabilisation de la demande. Autrement dit, tant que le dépense éducative servira à financer directement l’offre de services (les écoles, les enseignants, etc.), elle nourrira cet effet taille qui se révèle dramatique pour l’intérêt général.

Solvabiliser la demande, c’est-à-dire distribuer la dépense publique aux parents, à charge pour eux d’acquérir le bien éducatif de leur choix dans le respect d’une obligation scolaire qui doit être renforcée (bien entendu), me paraît un choix bien plus prometteur. Ce système aurait, qui plus est, la vertu de responsabiliser les parents en les transformant en acteur quotidien du système.

Je n’ignore pas que cette proposition (provocatrice, pour certains) n’est pas consensuelle, mais j’ai trouvé utile d’ouvrir d’emblée le débat en publiant une contribution contradictoire d’une ancienne inspectrice régionale sur le sujet.

Réforme du collège : Qu’en disent les associations de parents d’élèves (censées vous représenter) ?

 

APEL, FCPE, PEEP à l’unisson, de qui se moque-t-on ?

 La réforme du collège fait couler beaucoup d’encre et a provoqué ces derniers jours une levée de boucliers de nombreux philosophes, professeurs, écrivains, parents d’élèves, anciens recteurs etc…. Les débats sont vifs et les émissions TV de ces derniers jours témoignent de la diversité des opinions sur les grands sujets que sont :

-       L’abandon/restriction du latin-grec

-       La suppression des classes bilangues et des sections européennes

-       Le programme d’histoire

-       Les classes interdisciplinaires

-       La LV2 en 5ème

Du côté des enseignants, la réforme est loin de faire l’unanimité et plusieurs points sont critiqués :

Communiqué de l’Association des professeurs d’Histoire-Géographie

La Conférence des associations de professeurs spécialistes a pris connaissance du projet de réforme du collège et constate : 

• que ce projet abandonne aux arbitrages locaux l’organisation de 20 % du volume horaire des enseignants.

• qu’il se solde par la perte d’heures d’enseignement disciplinaire.

• qu’il prévoit la globalisation des enseignements.

• que les langues anciennes cessent d’être enseignées pour elles-mêmes : elles seront désormais intégrées à l’enseignement du français (sous la forme d’« éléments culturels et linguistiques ») et au thème intitulé « langues et cultures de l’Antiquité » dans le cadre des enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI).

• que les sections européennes et les classes bi-langues sont vouées à disparaître.

La Conférence désapprouve la précipitation qui préside à la mise en œuvre de cette réforme. Au fur et à mesure que les gouvernements se succèdent, les réformes s’empilent. Plutôt que de déclarer à l’emporte-pièce que le collège suscite « l’ennui, voire la perte du goût pour le travail et l’effort », le ministère se devrait d’établir un bilan objectif et précis des réformes antérieures et de tirer les leçons du présent et du passé.

Réforme du collège

Lorsque les avis divergent et s’affrontent… la seule entité à parler d’une seule voix est celle des fédérations de parents d’élèves !

La FCPE est, sans surprise, favorable à la réforme du collège comme à toute réforme de ce gouvernement (rythmes scolaires, ABCD de l’égalité…). La FCPE utilise même les « éléments de langage » de la Ministre de l’éducation :

FCPE : « Madame la ministre, la réforme du collège a été approuvée à une large majorité (51 pour, 25 contre, une abstention) par la communauté éducative qui siège au Conseil supérieur de l’éducation (CSE). Nous savons votre attachement à continuer de porter la refondation de l’Ecole et nous souhaitons, par la présente lettre, réaffirmer au-delà du vote en CSE, notre soutien à votre projet et vous faire part de notre détermination à continuer de faire progresser le collège. »

Lors du vote consultatif du conseil supérieur de l’éducation, la PEEP, elle, s’est abstenue. Elle n’est donc ni pour ni contre la réforme. Si ces représentants des parents d’élèves ne savaient pas quoi voter, pourquoi n’ont-ils pas interrogé leurs adhérents (200 000  parents dont il se serait sans doute dégagé une majorité si tant est qu’on leur ait demandé leur avis)

« La PEEP n’est pas convaincue par cette réforme qui semble uniformiser encore plus l’enseignement au collège que le personnaliser. »

Quant à l’APEL qui représente les parents d’élèves de l’enseignement privé catholique, elle soutient la Ministre à 100% !

En résumé, les trois fédérations de parents d’élèves plébiscitent une réforme du collège ardemment critiquée depuis son annonce ! Ce qui revient à dire que tous les parents d’élèves (du public et du privé) sont favorables aux changements annoncés.

Par quel miracle les associations représentatives des parents d’élèves sont-elles les seules à n’émettre ni doute ni critique sur un projet tant décrié ?

 Ce résultat stupéfiant ne démontre-t-il pas que les parents d’élèves ne sont pas ni écoutés ni relayés par les trois instances censées les représenter.

Parents, si vous n’êtes pas un soutien inconditionnel à tous les points de cette réforme, faites le savoir.

Ecrivez à la fédération dont vous êtes adhérent et demandez-lui des comptes. Faites entendre votre avis, quel qu’il soit. Et exigez de vos représentants… qu’ils VOUS représentent ! C’est leur mission.

N’oubliez pas : nous avons l’école que nous méritons !

 

 

Ces « pseudo intellectuels » dont parle la Ministre de l’Education nationale…

Plusieurs voix comme l’ancien ministre Jack Lang, ainsi que celles de plusieurs intellectuels – Régis Debray, Luc Ferry, Michel Onfray, Pascal Bruckner… – se sont ouvertement élevées contre la réforme du collège et celle des programme annoncés par Najat Vallaud Belkacem. Extraits :

Au sujet du programme d’Histoire

Pascal Bruckner, philosophe : « … Sans chronologie, l’histoire n’a pas de sens. Cette réforme risque donc d’égarer encore un peu plus les élèves. On peut également s’étonner du choix de privilégier l’enseignement de l’islam par rapport à celui des Lumières ou du christianisme médiéval. A mon sens il ne s’agit pas d’un choix arbitraire, mais idéologique. Il y a sans doute ici une volonté d’ouverture à l’égard de l’islam, un souci de plaire aux nouveaux arrivants en supprimant tout ce qui peut les heurter: l’enseignement d’un autre monothéisme et l’exercice d’un esprit critique. Mais comment comprendre la France sans connaître le «manteau de cathédrale qui la recouvre»? Comment comprendre qui nous sommes si l’on ne sait pas d’où l’on vient? C’est-à-dire d’un pays de culture profondément catholique et républicaine. Quant aux Lumières, elles sont au fondement même de la culture laïque contemporaine. Que l’on soit de gauche ou de droite, croyant ou pas, c’est durant cette période que se noue la modernité. Faire l’impasse sur celle-ci me paraît aberrant. Il est vrai que dans certains quartiers, il est désormais impossible d’enseigner la Shoah en raison du conflit israélo-palestinien ou encore Madame Bovary qui soulève la question de l’adultère. La réforme tend à cajoler les éléments les plus rétifs du système éducatif au lieu de les assimiler. Ce n’est pas forcément un bon signe à envoyer aux Français musulmans les plus éclairés qui voudraient prendre leur distance avec leur propre religion et s’ouvrir au reste de notre culture. Pour nourrir une réflexion plus profonde sur les croyances, il me paraît urgent de rendre obligatoire la lecture du traité sur la tolérance de Voltaire. »

imagesAu sujet de la réduction/supppression du latin-grec

Jean d’Ormesson, académicien : « Mettre en vigueur le projet de réforme de Mme Najat Vallaud-Belkacem, ce serait menacer toute la partie peut-être la plus brillante de notre littérature. Montaigne et Rabelais deviendraient vite illisibles. Corneille, Racine, La Fontaine, Bossuet changeraient aussitôt de statut et seraient difficiles à comprendre. Ronsard, Du Bellay, Chateaubriand, Giroudouxou Anouilh – sans même parler de James Joyce – tomberaient dans une trappe si nous n’apprenions plus dès l’enfance les aventures d’Ulysse aux mille ruses, si nous ignorions, par malheur, qu’Andromaque est la femme d’Hector, l’adversaire malheureux d’Achille dans la guerre de Troie,si nous nous écartions de cette Rome et de cette Grèce à qui, vous le savez bien, nous devons presque tout. »

Au sujet de l’enseignement des langues

Jean-Paul Brighelli, enseignant, écrivain : « Sous prétexte d’égalitarisme – qui n’est pas l’égalité -, on a décidé de commencer la seconde langue en cinquième, en consacrant à cet apprentissage la totalité des postes prévus au budget (et sous réserve que l’on trouve dès 2016, malgré la raréfaction des candidats, assez de professeurs linguistes pour l’enseigner). Les moyens humains et économiques manquant, il ne sera pas question de dédoubler les classes, condition nécessaire pour un apprentissage linguistique (par exemple en labos de langues) un peu cohérent. De la langue ibérique les élèves connaîtront sans doute, en fin d’année, Un, dos, tres – l’espagnol revu et corrigé par M6 et W9.
Le but unique de cette réforme est de mettre en extinction les parcours supposés « élitistes », classes européennes ou classes bilingues. De surcroît, cet apprentissage se faisant à moyens constants, il ne pourra se mettre en place, annonce le ministère, qu’en défalquant une heure aux emplois du temps de la « première langue » en quatrième et en troisième. Inutile de dire que ce n’est pas ainsi que l’on forme des élèves trilingues.
Faut-il rappeler que l’urgence n’est pas d’apprendre précocement l’espagnol ou l’allemand ? C’est de savoir parler et écrire le français. La nouvelle définition du « socle de compétences », toujours plus bas, ne facilitera pas cet apprentissage primordial – y compris dans la perspective de l’enseignement de langues étrangères. »

Au sujet de l’interdiscilplinarité

Patrick Hetzel, professeur des universités, ancien recteur : Cette réforme est une véritable catastrophe, car elle conduit à un nivellement par le bas. Au lieu d’avoir de l’ambition pour nos enfants, pour les enseignants et pour le pays, elle casse ce qui marche, notamment les classes bilangues et les sections européennes – sous prétexte d’élitisme. Comme si l’élitisme était problématique !

Bien entendu, il est essentiel que l’école de la République fasse réussir tous les enfants. Et c’est justement pourquoi l’élitisme républicain n’est pas à mépriser, mais au contraire à valoriser. En effet, il repose sur le travail et le mérite. Autant de valeurs qui devraient tous nous rassembler.
La ministre nous dit qu’elle veut développer des enseignements interdisciplinaires parce que les collégiens s’ennuient. C’est une bien curieuse idée ! Non pas qu’il ne faille pas s’intéresser à la manière dont on peut rendre les contenus des enseignements intéressants pour les élèves, c’est d’ailleurs l’un des rôles assignés à la pédagogie ; mais en usant ainsi d’une stratégie d’esquive, elle décrédibilise elle-même l’école. Son raisonnement est finalement très étonnant : si le contenu disciplinaire est difficile, alors passons à l’interdisciplinarité, ce sera plus ludique pour les collégiens.
Mais la seule question qui vaille, c’est celle de la transmission des connaissances et de l’acquisition de compétences. Or, tous les spécialistes des sciences cognitives s’accordent à dire que les structures cognitives se construisent de façon progressive et cumulative. Ainsi, pour pouvoir accéder de manière efficace à un contenu interdisciplinaire, il faut au préalable avoir une bonne maîtrise disciplinaire (…)
La ministre fait fausse route d’un point de vue pédagogique en décrétant l’interdisciplinarité au collège, d’autant que ce seront des heures en moins pour les disciplines. Ensuite, elle renonce ainsi au socle commun de connaissances et de compétences qui avait été introduit dans notre système éducatif en 2005 avec la loi Fillon sur l’avenir de l’école. Ce renoncement sera lourd de conséquences, surtout si vous y ajoutez le fait que la ministre rejette le principe d’une évaluation systématique et régulière pourtant indispensable pour piloter une politique éducative au niveau national. »

Anne Coffinier, énarque et directrice de la Fondation pour l’école : « C’est donc une réforme qui conduit encore et toujours à réduire l’enseignement structuré et structurant, allant du simple au complexe, de manière explicite et systématique, au profit d’un enseignement décousu, sans exigence formelle et cohérence méthodologique, délivré au détour d’un thème ou d’un texte d’étude… On sait pourtant que la réduction constante des horaires alloués au français depuis 30 ans est la cause majeure de l’effondrement du niveau académique des écoles de France : c’est là-dessus qu’il faudrait insister, en réduisant le temps consacré aux matières « anecdotiques ». (…) Plus on détruit le collège public, plus les « élites » en retireront leurs enfants pour les scolariser dans le privé ou à l’étranger : cette politique de destruction de l’enseignement secondaire provoque inévitablement une segmentation accrue de la société. Les élèves les moins favorisés sont justement ceux qui ont le plus besoin de fondamentaux et qui tirent le moins profit de ces enseignements disparates et anecdotiques. »

Au sujet du collège unique

Alain Finkielkraut, philosophe : « Ce fut la plus grande des réformes, mise en route par René Haby sous le septennat de Giscard d’Estaing, et mère de la réforme permanente. Son objectif était de mettre fin à ce que Bourdieu appelait la «reproduction sociale à l’école». Or l’on constate, un quart de siècle plus tard, qu’il y a deux fois moins d’enfants d’ouvriers ou d’employés dans les grandes écoles. Et, pour remédier à cet échec, on a réduit la part de la culture générale, car celle-ci est jugée bourgeoise, déconnectée et sélective. Bref, la réforme aggrave la réforme et c’est le sauve-qui-peut. Des parents se rendent compte que quelque chose ne va pas et que leurs enfants ne reçoivent pas l’enseignement qu’ils ont eux-mêmes reçu. Alors les écoles privées deviennent les conservatoires des valeurs antérieures de l’école publique. Mais ce n’est plus gratuit ni obligatoire, il faut désormais de l’argent et de la connaissance pour y accéder. On nous a donc bâti un collège unique démocratique qui a engendré un système parallèle encore plus inégalitaire. »

Faut-il supprimer le Latin et le Grec ? Si vous n’avez pas d’avis, vous en aurez un après avoir lu ceci…

 

Un pas en avant , un pas en arrière, face à la gronde de certains enseignants, le gouvernement « consulte » le peuple à qui on expose les arguments pour et les arguments contre. Parmi ces nombreux échanges d’avis et points de vue, on retiendra la proposition de Pascal ENGEL Philosophe, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) qui allie pragmatisme et humour pour une démonstration sans équivoque, extraits :

 

« Le latin et le grec ne font que renforcer les inégalités sociales et bloquent l’intégration républicaine. Ils perpétuent des aristocraties académiques indignes de la démocratie du savoir, et empêchent les collégiens d’accéder aux matières utiles à la vie comme la conduite automobile, l’éducation civique et sexuelle.

(…) Quelques propositions simples permettront d’éradiquer définitivement le latin et le grec, et de faire des économies. Nervus gerendarum rerum pecunia. La plus simple consistera à supprimer les professeurs de langues anciennes du secondaire et du supérieur, mais aussi une bonne partie des archéologues. Cela ne les mettra pas au chômage, car on leur proposera, comme pour les postiers, de se reconvertir en moniteurs du permis de conduire.

On demandera ensuite à l’Académie de toiletter la langue française en supprimant toutes les expressions grecques et latines, telles que statu quo, a priori ou et cetera, puis les mots à racine grecque et latine, comme abdominal, belliqueux, anonyme ou misanthrope, pour ne garder que ceux qui viennent du gaulois, de l’arabe ou de l’anglais.

latin-grecOn supprimera des dictionnaires les pages roses, qui ne servent qu’aux pédants. On demandera à Uderzo d’enlever des albums d’Astérix toutes les allusions ridicules qu’y glissait Goscinny, telles que exegi monumentum, alea jacta est ou acta est fabula.

On se passera des locutions latines en droit, auxquelles personne ne comprend rien, comme mens rea ou inter partes. Summum jus, summa injuria ! Par la même occasion, on débarrassera la médecine de ses noms antiques de maladies, comme le lupus, le tetanos ou le delirium tremens, qui nous embrouillent.

Non barbarus sum. Je ne demande pas qu’on détruise la Vénus de Milo. Mais avons-nous vraiment besoin d’appeler nos détergents «Ajax», nos slips «Athéna» et nos foulards «Hermès» ? Le pédant Guy Debord n’aurait-il pas pu traduire son titre In girum imus nocte et consumimur igni ? Je ne propose pas qu’on détruise les livres en latin et en grec, qui peuvent bien rester numérisés. Mais ne gagnerait-on pas de l’espace en expulsant de nos bibliothèques les Loeb et autres Budé qui les encombrent, et en n’imprimant plus les textes latins de Descartes, Spinoza ou Leibniz ? Ils peuvent bien être ad usum delphini. Cela les rendra moins chers et plus accessibles, et cela allègera les notes des éditions de Montaigne. Imaginez aussi le gain de place que feront les musées si les légendes latines des tableaux et sculptures disparaissaient. On supprimera aussi les chiffres romains, qui ne servent à rien, et l’alphabet grec, avec ses Ω et ses ∑ que seuls les mathématiciens utilisent. Par la même occasion, on rebaptisera le Quartier latin d’un nom plus attrayant, «Espace de loisirs rive gauche», et j’avance la modeste proposition de supprimer, également, l’alphabet latin.

On conviendra qu’il serait un peu bête de fermer les sections antiques de nos musées, ou des sites tels que le pont du Gard, le théâtre d’Orange ou la Maison carrée de Nîmes, qui rapportent à l’Etat par le nombre de touristes chinois et japonais qui s’y pressent. On ne voudrait évidemment pas les voir partir pour Pompéi ou le Parthénon. Mais on pourrait y installer les Instituts Confucius généreusement dotés, et y employer les professeurs de latin et de grec comme gardiens de musée. Vae victis. Ceux-ci sont-ils prêts à s’exclamer : Caesar non supra grammaticos ? Nous leur répondons : Ignoramus et ignorabimus. »

 

« Pire que les élèves ! »

Après les différents pamphlets contre les parents d’élèves (« Parents d’élèves vous nous emmerdez ! » , « Mots d’excuse, l’intégrale » , « Les parents écrivent aux enseignants », « La tyrannie des parents d’élèves » etc…) ; Après les plaintes contre les mauvais élèves, dilettantes, agressifs ou tout simplement idiots, il était normal que l’on parle enfin un peu des professeurs , non ?

L’un d’eux, professeur d’Anglais, a eu ce courage et a raconté son expérience des enseignants dans un livre intitulé « Pire que les élèves ! ».

Un prof parle des autres profs

Un prof parle des autres profs

Stupéfaction !
Jusque là, il y avait des mauvais parents, des mauvais élèves, de mauvais programmes, de mauvais ministres, mais jamais de mauvais profs ! Les enseignants pouvaient être découragés, désabusés, mal payés, pressurisés, épuisés voire maltraités… Ou encore tenaces, épanouis, optimistes, créatifs, dévoués et même parfois héroïques !… Les profs pouvaient être tout ça mais « mauvais », ça jamais !
Et pourtant, face à cette tâche ardue qu’est l’enseignement, combien de professeurs ont réellement le feu sacré ? Quelques-uns ont marqué notre scolarité, nous ont éveillés, intéressés, fait progresser… Jusqu’à nous donner l’envie d’aller à l’école !!!! Si ces profs là étaient plus nombreux, nul doute que le niveau des élèves s’en ressentirait sans qu’aucune énième réforme aussi coûteuse qu’inutile ne soit nécessaire !
Stéphane Furina ose s’attaquer au tabou absolu de l’Education nationale en décrivant des collègues parfois consternants. Conseils de classes, salles des profs, remarques assassines, jugements lapidaires et sanctions injustes, l’auteur décrit l’autre côté de la médaille de notre « sacro-sainte » institution scolaire française.

« Pire que les élèves », Stéphane Furina. Pôle Nord éditions

« Pire que les élèves », le témoignage inédit d’un professeur du collège