Daily Archives: 21 April 2016

Pour ou contre l’école à partir de 2 ans ?

 

Le ministère de l’Education nationale souhaite promouvoir dès la rentrée prochaine la scolarisation des enfants de moins de 3 ans. Le but : Favoriser l’égalité entre élèves, réduire les écarts de réussite scolaire, aider les enfants en difficulté d’apprentissage.

Louable objectif bien sûr mais auquel on n’alloue pas, encore une fois, les moyens adaptés. Car une meilleure prise en charge des enfants à la maternelle ne passe sans doute pas par leur âge d’accueil mais par la qualité du temps qu’ils y passent avec moins d’effectifs par classe, des horaires plus flexibles qui s’adaptent à chacun.

Deux témoignages pour se faire une idée…

POUR : Isabelle Racoffier présidente de l’AGEEM (Association Générale des Enseignants des Ecoles et classes Maternelles publiques) : « L’école maternelle nous semble être le lieu qui permet à l’enfant de découvrir un autre milieu, notamment pour les familles les plus fragiles ou celles qui ne parlent pas français par exemple. Tout d’abord, c’est un espace structurant: certains enfants n’ont pas de structure à la maison. L’école leur permet d’apprendre des règles de vie commune, le respect de l’autre, mais aussi les limites de l’autre aussi. Ensuite, l’école maternelle permet une transition entre les deux espaces familial et public. »

CONTRE : France Mousseau, enseignante en Maternelle : « Chez l’enfant, 2 ans, 2 ans et demi est un âge difficile. C’est l’âge du  » non » et du  » moi tout seul ». C’est l’âge des envies contradictoires : on veut devenir grand mais on veut aussi parfois rester petit pour être protégé, sécurisé. L’école actuelle avec ses conditions d’accueil offre-t-elle un milieu adapté aux besoins de ces enfants tout petits ?

La sieste est un moment important pour les petits

La sieste est un moment important pour les petits

L’enfant de 2 ans se heurte soudain à des interdits , à des règles de vie collective contraignantes , à un rythme scolaire fatigant , alors qu’il a besoin d’un suivi personnel, d’une relation affective très forte à deux et non d’une classe dont la masse peut être inquiétante. Il est noyé parmi une trentaine d’élèves avec deux adultes seulement, la maîtresse et l’atsem.
On avance l’intérêt de la scolarisation précoce pour le développement du langage dans les milieux défavorisés . Mais les enfants des milieux défavorisés ont besoin comme les autres de protection et d’affection . Si les échanges affectifs avec leurs parents leur manque à cet âge, ils risquent de leur manquer toute leur vie car on ne peut pas faire l’impasse de cette étape importante nécessaire au développement de l’enfant et à la structuration de sa personnalité et de sa pensée. On ne peut pas » rattraper » cela par la suite. Alors que le langage est un apprentissage que l’on peut rattraper à tous les niveaux de la scolarité. Nous vivons dans une société qui ne vise que les performances. Nos enfants sont dans les starting blocks.
Il faut laisser aux enfants le bonheur de prendre le temps de grandir au rythme qui leur convient. »

Conclusion : Le mieux, encore une fois, est sans doute de ne se fier qu’à son instinct de parents, de son envie, de son aspiration à construire une famille, à construire une relation avec son enfant sans se fier aux directives des Ministères de l’Education qui se succèdent !

Pour en savoir plus :  L’inscription à l’école maternelle