Daily Archives: 4 June 2015

L'Education nationale, too big to change ?

Les discussions autour de la réforme du collège passée aux forceps par décret continuent…Malheureusement la passivité et l’absence de propositions des 3 principales associations de parents d’élèves (FCPE, PEEP, APEL) pourraient faire croire qu’il n’y a rien de mieux à faire. Mais peut-on raisonnablement penser que la suppression du latin-grec, l’instauration d’horaires pluridisciplinaires désorganisés ou la disparition des classes bilangues vont suffire à stopper la débâcle l’école de la République ?

Des alternatives existent pourtant ; quelques propositions d’ Eric Verhaeghe sur son excellent blog :

http://www.eric-verhaeghe.fr/education-nationale-quelle-strategie-pour-reformer/

Extraits :

Pour un choc systémique dans l’éducation

Tout ceci m’amène à penser que la France a besoin d’un choc systémique majeur dans le domaine éducatif. Seule cette stratégie de choc me paraît capable de redonner à la France, dans les dix ans à venir, sa fierté de disposer du meilleur système éducatif au monde – fierté que j’ai découverte lorsque je suis arrivé en classe préparatoire en France en 1986.

La novlangue de l'éducation nationale

La novlangue de l’éducation nationale

Ce choc systémique repose bien évidemment sur une réponse à apporter au too big to change. Aujourd’hui, le principal obstacle à une refondation cohérente du système éducatif français tient à la taille de la structure éducation nationale, qui emporte avec elle un torrent de frustrations chez les enseignants, et de démotivations à tous les étages. En même temps, chacun sait que la déconcentration et l’autonomie indispensable des établissements se heurtera à une résistance interne forte qui la bloquera tôt ou tard.

C’est pourquoi il me semble que le choc systémique le plus cohérent consiste à abandonner une logique de solvabilisation de l’offre éducative pour passer à une logique de solvabilisation de la demande. Autrement dit, tant que le dépense éducative servira à financer directement l’offre de services (les écoles, les enseignants, etc.), elle nourrira cet effet taille qui se révèle dramatique pour l’intérêt général.

Solvabiliser la demande, c’est-à-dire distribuer la dépense publique aux parents, à charge pour eux d’acquérir le bien éducatif de leur choix dans le respect d’une obligation scolaire qui doit être renforcée (bien entendu), me paraît un choix bien plus prometteur. Ce système aurait, qui plus est, la vertu de responsabiliser les parents en les transformant en acteur quotidien du système.

Je n’ignore pas que cette proposition (provocatrice, pour certains) n’est pas consensuelle, mais j’ai trouvé utile d’ouvrir d’emblée le débat en publiant une contribution contradictoire d’une ancienne inspectrice régionale sur le sujet.