Daily Archives: 19 April 2014

10 conseils avant de rencontrer un professeur !

Les HUMEURS de SerialMother

« 10 conseils avant de rencontrer un professeur ! »

Il y a deux sortes de rendez-vous : celui provoqué par l’enseignant et celui que vous avez sollicité. La plupart du temps malheureusement, il s’agit d’évoquer un problème. Voici quelques conseils adaptés selon les cas…

Cas N°1 : Vous avez un sujet de mécontentement que vous aimeriez bien partager. En d’autres termes, vous avez demandé à rencontrer un professeur dans l’intention de lui « causer du pays. »

- Commencez poliment par le remercier de vous recevoir (après tout il n’est pas obligé !)

- Exposez très calmement l’objet de votre « incompréhension » plutôt que votre colère, vos « questionnements » plutôt que votre ras le bol, votre « désarroi » plus que votre exaspération. Oui bon, d’accord, vous avez l’impression qu’il ne s’agit ici que de rhétorique, mais n’oubliez pas que les profs sont des hommes (ou des femmes) comme les autres, des êtres sensibles et même susceptibles parfois.

- Rappelez alors le principe qu’ils ont dû aborder au moins 2 minutes en 2 ans d’ IUFM (Ecole des professeurs aujourd’hui baptisée ESPE) : profs et parents main dans la main pour le plus grand bien des élèves. Insistez : Vous êtes à ses côtés et non contre lui, vous poursuivez le même objectif, vous regardez dans la même direction etc…

-  Après cette parenthèse de communion émouvante, voici venir le moment idéal pour ouvrir une petite parenthèse sur le dur métier de prof et votre admiration – ou à minima votre respect si vous n’êtes vraiment pas d’humeur – sur leur mission à la fois complexe et louable.

- Maintenant, vous pouvez enfoncer le clou en verbalisant votre point de désaccord mais aussi en expliquant vos attentes pour le reste de l’année (toujours une touche d’espoir, c’est important). Quelle que soit la réponse du professeur et surtout si elle ne correspond pas à vos désirs, ne jamais rabaisser, menacer, ou pire insulter, c’est toujours contre-productif ; à moins que votre patronyme soit Don Corleone, vos sautes d’humeur inspireront moins la peur que la pitié.

Cas N°2 : Convoqué par un professeur, c’est vous qui êtes appelé à la barre en tant que témoin assisté (pour rappel, c’est le statut qui précède celui d’inculpé)

-  Le premier contact donnant le ton de l’entrevue à venir, prenez un air inquiet (mais pas trop), concentré et attentif et en même temps sûr de vous, faites le regard de celui qui appartient à une longue lignée d’innocents (cela nécessite peut-être une entrainement préalable devant la glace)

- Ecoutez alors attentivement et patiemment les raisons de votre convocation.

- Si, suite à ce que vous venez d’entendre, vous avez envie d’étrangler votre enfant : prenez un air accablé (vous n’aurez probablement pas à vous forcer) et annoncez la planification d’une mise aux arrêts ou d’une séance de torture, voire d’une décapitation si vraiment votre enfant a poussé le bouchon un peu loin (si si ça peut arriver !).

- Si, suite à ce que vous venez d’entendre vous avez envie d’étrangler le prof : reformulez très calmement ce qu’il vient (d’avoir l’audace) de dire, et reprenez ses mots pour lui demander si vous avez bien tout compris. C’est la méthode PNL (Programmation Neuro Linguistique) qui à mon avis ne sert à rien si ce n’est à vous faire gagner un peu de temps pour reprendre vos esprits. Ne prenez pas un air révolté mais dubitatif. N’ayez surtout pas l’air de douter de la parole du prof mais doutez plutôt de l’existence d’un Dieu sur Terre. C’est une façon de remettre en perspective la vacuité de cette entrevue face au grand questionnement de ce Monde et c’est une sortie de crise qui en vaut d’autres…

 Cas N°3 : Les problèmes sont abordés de part et d’autres. Les deux parties échangent intelligemment et dans un respect mutuel. Une solution est trouvée qui contente les deux interlocuteurs pour le plus grand bien de l’élève. Il est probable que l’enseignant a lu préalablement « 10 conseils aux profs avant de rencontrer un parent irascible. »

 

La Classe inversée (ou flipped classroom), la classe de demain ?

Le concept de « classe inversée » se développe de plus en plus en Amérique du nord et connaît un succès grandissant.

Ce modèle part d’une idée très simple : le temps passé en classe doit servir à interagir et à travailler ensemble plutôt qu’à écouter le professeur de façon passive.

Plusieurs enseignants ont adopté cette méthode, y compris en France où cette approche commence à faire des émules.
Le fonctionnement est le suivant : les élèves reçoivent des cours sous forme de ressources en ligne (des vidéos, des cartes, des cours) qu’ils vont pouvoir étudier chez eux. Ce contenu pourra même être validé (l’élève devra par exemple répondre à un questionnaire) afin que le professeur vérifie que le cours a bien été étudié.
Au lieu de faire des devoirs à la maison suite à un cours entendu en classe, on étudie chez soi pour mettre en pratique avec le professeur et ses camarades.
En réalité, on va surtout profiter du temps libéré en classe pour organiser des activités, des projets de groupe et des échanges qui vont donner un vrai sens au contenu scolaire.

Ce nouveau modèle, qui semblerait avoir déjà fait ses preuves, présente beaucoup d’avantages tant pour l’élève que pour l’enseignant.

L’élève n’est plus passif des heures durant en enchaînant les cours différents. Il peut s’exprimer, participer à des travaux, communiquer avec son prof comme avec ses camarades autour d’une leçon étudiée en amont. Il pourra ainsi comprendre ou approfondir des points qu’il n’aurait pas bien compris. Certains diront qu’il peut enfin « vivre » en classe.

Le professeur n’est plus obligé de délivrer son savoir de façon répétitive devant un auditoire qui n’est plus attentif (surtout en fin de journée après déjà plusieurs heures de classe). Il se transforme alors en tuteur ou en « coach » en quelque sorte, qui organise les travaux de groupe, dirige les exercices, répond aux questions. Il instaure alors un autre rapport avec ses élèves en devenant une aide, un soutien, un guide plutôt qu’un censeur autoritaire et obligé de l’être.

Autres avantages indéniables de la classe inversée

Lorsque l’élève étudie à la maison, il peut aller à son rythme ; mettre sur pause, revenir en arrière, revoir à tout moment un passage. Beaucoup d’entre nous se souviennent d’avoir « décroché » lors d’un cours de math par exemple et de passer le reste du temps à se demander ce qui se passe et à espérer que le prof va rapidement demander si tout le monde a compris et à avoir le courage de lever la main. En effet, dans le modèle classique, peu d’élèves osent interrompre un cours et avouer qu’ils n’ont pas compris quelque chose, ils passent alors le reste de l’heure perdus car il leur manque un élément, et quand vient la fin du cours, le professeur n’a bien souvent plus de temps pour répondre aux questions.

« Tu me dis, j’oublie.
Tu m’enseignes, je me souviens.
Tu m’impliques, j’apprends. »
- Benjamin Franklin

Mais quelques contraintes…
Cette méthode nécessite évidemment une technologie (ordinateur, tablettes…) qui doit être mise à disposition de tous les élèves.
D’autre part, les cours et leçons doivent être mis sous un format interactif et doivent donc être pour la plupart repensés. La classe inversée nécessite des cours en vidéo de qualité. Tous les professeurs ne souhaitent ou ne peuvent pas en produire. Mais il suffit qu’une personne partage son travail pour que toutes les autres puissent ensuite l’utiliser
Les enseignants doivent aussi reconstruire leurs cours, vérifier que les leçons ont bien été vues à la maison, diriger les travaux en classe sans se laisser déborder, instaurer un nouveau rapport de discipline évidemment indispensable en classe.

Le professeur doit aussi s’attendre à une période d’adaptation, où il devra régulièrement faire des ajustements et des mises au point avec les élèves avant d’être vraiment à l’aise.

Pour toutes ces raisons et bien d’autres, le concept de classe inversée mérite qu’on s’y intéresse. Il est temps de repenser l’éducation. Un beau pari pour les profs de demain (et d’aujourd’hui !!)

Plus d’infos et témoignages sur www.classeinversee.com

Comment choisir une école ?? Suivez les enfants de profs !

Les parents d’élèves développent ces dernières années, des stratégies pour inscrire leurs enfants dans l’école de leur choix.

Choix des options, demande de langue rare, demande de dérogations en tous genres, ou tout simplement piston, on ne recule devant rien quand il s’agit de l’avenir de nos enfants, n’est-ce pas ?

Les profs-parents ne dérogent pas à la règle, au contraire ! Ces parents « professionnels » seraient ceux qui demandent le plus de dérogations à la carte scolaire ! Et quand vous vous étonnez que leur enfant ne soit pas scolarisé dans le lycée où ils enseignent, vous vous entendez répondre que c’était son choix à lui ou encore que prof et enfant ne voulaient pas prendre le risque de se retrouver en classe ensemble ! Qu’importe, dans tous les cas, ce n’est pas bon signe car qui mieux qu’un prof connaît son école et son fonctionnement !?

Alors comment ces profs-parents choisissent–ils l’école pour leur enfant ? C’est la question que s’est posée Robert BALLION, sociologue, qui a mené une enquête sur les stratégies de choix d’établissement.
Les enseignants s’intéressent en premier lieu à la qualité de l’enseignement plus qu’aux indicateurs courants que sont les résultats au bac ou au brevet des collèges. Ils se méfient aussi de la bonne renommée de certains établissements qui perdure alors que la « qualité » n’est plus au rendez-vous. A contrario, certaines écoles se traînent de mauvaises réputations alors qu’un changement de direction, le renouvellement des professeurs en ont fait des écoles performantes. Ce sont ces écoles que les profs, qui sont au cœur du sujet, savent dénicher !

Il faut dire que cette course aux résultats, au palmarès des collèges et lycées, qui fleurissent chaque année au moment des inscriptions, ont eu certains effets pervers. Sous la pression des parents qui épluchent ces statistiques, certains proviseurs ont mené une politique uniquement dans cet objectif, aussi bien dans les lycées publics que privés. Redoublements en hausse, orientation dans des filières, comme par exemple la voie technologique (STMG, ST2I…) qui ont soudain toutes les vertus mais que « malheureusement » le lycée ne propose pas ! Cette façon de se débarrasser des élèves les moins brillants (et pas forcément les plus nuls !) est une pratique courante que beaucoup de lycées utilisent pour améliorer leur sacro-saint score au Bac. Pour ceux, de plus en plus nombreux, qui ont déjà atteint les 100%, la course aux mentions Bien et Très bien est désormais ouverte !!! Ne nous y laissons pas prendre !
Le bon lycée va être celui qui accompagne l’élève de la seconde jusqu’au baccalauréat dans les meilleures conditions d’aide, de soutien et d’approfondissement. Et sauf si votre enfant est un élève brillant, motivé par l’esprit de concurrence et la pression scolaire, méfiez vous des lycées dits « d’excellence » qui ne sont pas adaptés à tous les profils. Et d’ailleurs pour les études post-bac, mieux vaut avoir un bon dossier dans un lycée « normal » que de mauvaises notes dans un « bon » bahut !
Conclusion :
Que penser du fait que les profs eux mêmes sont devenus des « consommateurs d’école » selon l’expression de Robert BALLION et qu’ils ont renoncé à changer cette école alors qu’ils en sont les acteurs principaux ?
Nous, parents d’élèves préférons ces dernières années, nous mettre en quête de la meilleure école plutôt que d’œuvrer à l’amélioration de l’école de proximité. Mais avons nous eu vraiment le choix ? Notre expérience, bien souvent, nous a montré qu’il a souvent été plus aisé de changer nos enfants d’établissements plutôt que trouver des solutions adaptées là où ils étaient.
Les prochaines réformes scolaires devraient se pencher aussi sur la place des parents à l’école et la reconnaissance de leur parole.
Nous avons tous a cœur d’œuvrer avec l’école, avec les enseignants… s’il fallait encore le rappeler.